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Ras-le-bol du chantage affectif

Si vous êtes un Africain d’origine, résident et/ou citoyen dans un pays occidental, vous avez surement assisté et peut-être participé à ces débats ayant pour thème « rentrer ou pas rentrer au pays », et ce, plus d’une fois, n’est-ce pas? Ok, je me permettrai de donner mes trente sous en tant que mbenguiste… Hmmm… Un statut qui fait fantasmer certains, en même temps qui crée des aigris pour une raison que surement mon fameux statut ne me permet plus de comprendre. Je dis bien PLUS.

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Je me plais à constater qu’il y a deux, ou même peut-être trois Camerouns : celui des ayants et celui des n’ayant pas. Entre les deux, ya surement une ou plusieurs catégories non identifiées. Les membres de la première catégorie sont en général ceux dont la vie à l’étranger fait rêver (hein, Instagram ?). Ceux sont également ceux qui vocifèrent le plus fort sur la problématique du retour (ou pas) sur le continent. Est ce que j’ai précisé qu’ils crient très fort mais dans les salons chauffés des pays d’Europe ou d’Amérique du Nord où ils résident ? On ne peut que militer de manière agressive pour un retour au pays quand on sait que papa nous a réservé un travail bien au chaud sans qu’on ait eu à lever le petit doigt. Et avec la même bouche, traiter de vendus ou même de traîtres ceux/celles là qui décident de rester à l’étranger. Ce qui est assez drôle c’est que ces membres de la diaspora, une fois rentrés, n’agissent en rien en fonction des grands discours tenus dans les différents salons et réseaux sociaux.

Malheureusement, la chose qu’on semble oublier dans toute la convenance de la situation c’est que, comme il est souligné dans l’article de Sergeobee, la diaspora investit de manière massive sur le continent, et ce, sous plusieurs formes. Dans le cas de figure ainsi présenté, j’ai envie de vous demander de déduire lequel des deux a plus de poids pour le développement de son pays, de son continent. Cependant, je ne me permettrai pas d’oublier ceux-là qui sont rentrés car ils ont vraiment le poids du pays, du continent à cœur, et ont en eux l’ardent désir de bousculer le statut quo ET œuvrent dans ce sens dans différents secteurs d’activités.

Tant que les locaux persisteront à fermer la porte de la sphère décisionnelle aux mbenguistes … le changement que tous veulent voir risque de rester un concept sur papier.

Les membres de la deuxième catégorie sont en général ces personnes là qui, à compétence égale et même supérieure, se font reléguer dans le championnat professionnel local au profit des diplômes étrangers. Sans compter que les papas de ces personnes n’ont pas nécessairement les capacités et les connections nécessaires pour sécuriser un emploi dans une société prisée. J’avoue qu’il y a matière à amertume et ras-le-bol général. Car le « blanc » lui privilégie ses locaux devant les étrangers. Pourquoi fut donc rentrer pour grossir les rangs des aigris ? En quoi est-ce que l’intérêt général en bénéficie ? Sinon, dans la dite catégorie, y en a dont l’aigreur provient simplement du fait qu’ils s’imaginent qu’à l’étranger, la vie est meilleure. T’as envie de venir leur crier « Si vous saviez ! » en plein visage, parce que la réalité de beaucoup s’apparente à une bande-annonce de post apocalypse. Faut être honnête et dire que dans ce cas de figure, certain(e)s veulent rentrer mais ne peuvent pas. Et la raison va bien au-delà de la honte. Quoiqu’il en soit, même l’argent de la prostitution, de la drogue, ou de la feymania est bon à prendre ; billet de 10 000 FCFA froissé, ça reste 1 0000 FCFA. Ou bien ?

Je pense en toute humilité qu’il revient donc à chacun/e en son âme et conscience de participer, de contribuer ou non à l’avancer de la nation, et même de l’Afrique. On ne peut pas faire du chantage affectif à une catégorie bien précise de personnes sur la seule base de leur origine. Mais, dans la mesure où nous décidons de travailler pour le bien commun, il est primordial que nous arrivions à travailler en harmonie ; une maison divisée ne peut pas prospérer, et je crois que nous en voyons les résultats tous les jours. Tant que les locaux persisteront à fermer la porte de la sphère décisionnelle aux mbenguistes qui ont la volonté et les capacités d’en faire partie en estimant que leur compétence s’arrête à distribuer leur devise, le changement que tous veulent voir risque de rester un concept sur papier.

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Vanessa Songue