Qui pense vraiment au Cameroun dans tout ça ?

  • Dis, Serge, comment définis-tu les élections au Cameroun ?
  • Un terrain de jeu où 36 ans ne suffisent pas au candidat sortant, où des opposants ne pensent qu’à leurs ambitions personnelles (absence de coalition) et où les électeurs ne votent que soit par tribalisme, par émotions procurées par leurs stars et par « Biya Must Go« .

Qui pense vraiment au Cameroun dans tout ça ?

Quand on se rend compte que dans cette élection, aucun sujet n’a animé les discussions dans les taxis, les marchés, les chaumières, les milieux professionnels. Les candidats se débrouillent tant bien que mal, communiquent au mieux, mais nous Camerounais n’en avons que cure. Tout ce qui nous intéresse, c’est « Biya Must Go« , comme si « welcome next president » était la garantie d’une meilleure gouvernance. Pas de grand débat sur la santé, l’éducation, l’économie, la culture, le sport et j’en passe. Par contre, la haine, les insultes, les sabotages, les montages, l’intolérance, l’absence criarde de démocratie (du respect du choix de l’autre) pullulent nos plateformes de discussion…

Dans son ensemble, ce pays n’a pas encore la maturité politique, voire démocratique. Et c’est bien dommage. Les candidats auront beau expliquer, réexpliquer, avec une bonne dose de démagogie tous sans exception, mais je crains que le Camerounais n’y comprenne rien.

Responsabilité citoyenne

Je te pose les questions, toi qui soutiens tel ou tel candidat :

  • pour quelle raison votes-tu ?
  • as-tu étudié le contenu des programmes pour fonder ton choix ?
  • et si jamais, Biya go, es-tu réellement prêt à accepter le changement espéré ?

 

Au vu de la réticence légendaire et inhérente du 237 à aimer les améliorations. Il ne suffit pas qu’il y ait un président « neuf » pour que les routes soient propres, les sélections sportives soient justes, les admissions en concours honnêtes, les paiements effectués, la corruption résolue, le patriotisme promu, la justice appliquée, les audits et évaluations acceptées, la fraude et le faux écartés, que les minorités et les exclus soient entendus et aidés, que le bilinguisme soit transversal, etc. Bien des fois, nous prêchons le changement, mais nous sommes les premiers opposants à ce changement (les feux violés, les ordures jetées partout, les fraudes aux impôts, la corruption à tous les niveaux, l’absence de patriotisme, etc.).

Au regret de le dire et d’exaspérer, rien, absolument rien ne m’a encore convaincu que nous avons pris la mesure du destin national, de la complexité systémique et structurelle de ce Cameroun jamais maîtrisé, président réélu ou nouveau.

Ce billet fait partie de la série: Pourquoi Paul Biya risque encore de gagner

Dans la même série:

  1. A la quête du Macron Camerounais
  2. Non, la polygamie n’est pas une option
  3. Pourquoi Paul Biya va encore gagner?

Project Professional Manager, Chief Creative Officer, Marketing Manager, WebDevelopper, WebDesigner, Online and Digital Manager, producteur et animateur radio/TV et fondateur d’obosso. Founder et CEO d’artecaa, entreprise offrant des services dans le digital.