Projets structurants : Ou en est le Cameroun ?

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Il y’a un peu plus d’un an, un regard panoramique était jeté sur certains des projets dits « structurants » initiés au Cameroun dans le cadre de le vison 2035 (http://obosso.net/panorama-sur-les-projets-energetiques-et-infrastructurels-au-cameroun/). Alors que les inquiétudes montent dans l’esprit de certains camerounais et partenaires du Cameroun quant à l’atteinte des objectifs de cette vision, il serait intéressant de revenir sur quelques-uns de ces projets afin d’apprécier globalement leur niveau d’exécution.

 

Projet du Port en eaux profondes de Kribi

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Projet phare du programme des « grandes réalisations », le projet voit ses origines remonter aux années 1980, période durant laquelle les premières études sur le projet de construction d’un port en eau profonde à Kribi ont été menées. L’objectif poursuivi par la construction de cette infrastructure était alors de contribuer au développement des régions sud et sud-est du Cameroun par la mise en valeur des nombreuses richesses naturelles présentes (bois, bauxite, fer, nickel, rutile, gaz naturel etc.). La longue crise de la deuxième moitié des années 80 a mis une pause au projet et c’est en 2008 que le gouvernement camerounais décidera sur la base de l’étude de faisabilité menée en 2005 de relancer le projet. En 2011, une convention de financement d’un montant de 207 milliards de FCFA est signée entre l’Etat du Cameroun et Eximbank of China. Ce financement couvre la construction des infrastructures de base du port comprenant le chenal d’accès au port, la digue de protection, les quais d’accostage, les remblais à l’arrière des quais pour la constitution des aires d’entreposage et les divers réseaux et accès directs au port. La construction quant à a elle est assurée par l’entreprise chinoise CHEC (China Harbour Engineering Company).

Pour mémoire, le projet se décline en quatre composantes intégrées : un port en eau profonde d’une vingtaine de quais pouvant accueillir les plus grands bateaux marchands ; une zone d’activité industrielle et logistique ; une ville nouvelle portuaire dotée d’infrastructures sociales de recherche et de formation ; et un corridor multimodal « back bone » ou seront logées toutes les dessertes du complexe (chemin de fer, autoroute, fibre optique).  Il sera alimenté par la centrale à Gaz de kribi – sur la côte atlantique – de la Kribi Power Development corporation contrôlée par Globeleq) qui a coûté 263,7 millions d’euros. Fonctionnel depuis fin mars, elle est dotée d’une capacité de 216 MW, extensible à 330 MW (Un projet d’extension est d’ailleurs en cours de réalisation et les travaux auraient été confiés à Wartsila).

Le port en eaux profondes est pratiquement opérationnel et a d’ailleurs déjà accueilli ses premiers navires. En effet, sur la base des informations communiquées par le site Investir au Cameroun et par le comité de suivi du projet présidé par le Secrétaire général du Premier Ministère, on apprend que la société chinoise CHEC, maître d’œuvre du projet a construit les premiers terminaux (conteneurs et polyvalent) et autres infrastructures connexes de cette infrastructure portuaire. Dans le même temps, elle participé, aux côtés du gouvernement camerounais, à la négociation auprès d’Eximbank of China, des financements nécessaires (750 millions de dollars, soit environ 375 milliards FCFA) pour la construction du second terminal à conteneurs du port de Kribi, deux fois plus grand que le premier.

La concession des services de lamanage et de remorquage (assistance à l’amarrage des navires) dans ce nouveau port a été attribuée au premier trimestre 2015 à la société néerlandaise Smit Lamnalco après que 2 navires remorqueurs (baptisés «Roi Madola» et «Roi Mayesse», des noms de deux rois nationalistes du département de l’Océan, qui abrite le futur port) d’une capacité de traction de 4000 t chacun aient été réceptionnés en Chine par l’Etat Camerounais. La sélection des concessionnaires des terminaux à conteneurs et polyvalent de l’infrastructure portuaire qui revendique déjà «le meilleur chenal» sur toute la côte ouest-africaine reste attendue. Sont en lice pour la gestion du premier terminal à conteneur (350 mètres de quai) trois entreprises short listées en novembre 2014. Il s’agit du groupe Bolloré associé notamment à CHEC, du danois APM Terminals, et du philippin ICTSI. S’agissant du terminal polyvalent, ICTSI, APM et un groupement de 9 entreprises camerounaises sous le nom de KPMO sont en concurrence.

Le port en eaux profondes de Kribi devrait donc être mis en service en 2015, en attendant la construction, dans le cadre de la seconde phase de ce projet, des autres terminaux (minéralier, hydrocarbures, etc.). Ces terminaux s’intègrent dans d’autres projets tels que l’exploitation du gisement de fer de Mbalam-Nabeba et l’extension de l’usine de la société Aluminium du Cameroun (Alucam), ou encore la construction d’une unité de liquéfaction du gaz naturel dans la localité de Kribi. Infrastructure d’un coût estimé à 282 milliards de francs CFA.

Le ventre mou de ce projet reste probablement les travaux de construction des infrastructures  de transport donnant accès au port. Le gouvernement camerounais a signé, le 6 mai 2015 à Yaoundé, un Mémorandum avec la société chinoise CHEC, pour la réalisation des études de faisabilité du projet de construction de la ligne ferroviaire Edéa-Kribi-Lolablé, qui devra desservir le port en eau profonde de Kribi. Il a également conclu au premier semestre 2015 deux accords de prêts d’un montant total de 13 milliards de FCFA avec la Banque arabe pour le développement en Afrique, Badea (6 milliards FCFA) et le Fonds de l’organisation des pays exportateurs de pétrole pour le développement international, Ofid (7 milliards FCFA), dans le cadre du projet de construction de l’axe routier Yaoundé-Kribi. Longue de 271 km, la route Yaoundé-Kribi ouvrira plus facilement la capitale camerounaise au port en eau profonde de Kribi. Le premier lot de cet axe routier, sur un linéaire de 67 Km entre Yaoundé et Olama, a déjà été entièrement construit depuis plus de 3 ans. Il reste à construire les 2ème et 3ème lots, respectivement long de 106 km entre Olama et Bingambo, et de 98 km entre Bingambo et Kribi. Les 13 milliards de francs CFA que vient d’obtenir le gouvernement comptent pour le financement partiel des travaux de construction du 2ème lot, sur un linéaire de 45 Km, pour une enveloppe globale de 37 milliards de francs CFA.

 

Projet du Port en eau profonde de Limbé

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Un projet de construction d’un port en eau profonde à Limbé est également prévu par le gouvernement camerounais. 105,9 milliards FCFA seraient nécessaires afin de lancer le projet qui est « en cours de démarrage » d’après le Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariats (CARPA). Ces travaux seront conjointement financés par l’Etat du Cameroun à 30% et à 70% par le consortium camerouno-coréen Limbe Port Industrial Development Corporation (LIPID), qui a signé avec le gouvernement camerounais un contrat PPP (partenariat public-privé) pour «le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance d’un terminal multi-fonctions au port de Limbé», a annoncé le Premier ministre camerounais, Philémon Yang, en présentant en novembre dernier aux députés, le programme économique et social du gouvernement pour l’année 2015. Le terminal multi-fonctions du futur port en eau profonde de Limbé, qui sera construit sur le modèle BOT (Built Operate Transfert), précise le CARPA, sera géré pendant une durée de 27 ans par le consortium camerouno-coréen LIPID, avant sa rétrocession à l’Etat du Cameroun. Selon le ministre camerounais des Transport, Robert Nkili, cette infrastructure portuaire s’intègre dans le projet de construction d’une cimenterie dans la région du Sud-Ouest, par la société de joint-venture camerouno-coréenne Afko. Mais, en plus de permettre les importations des matières premières rentrant dans la production du ciment pour Afko, voire des autres cimenteries déjà existantes ou encore en chantier sur le territoire camerounais, le futur port en eau profonde de Limbé sera spécialisé dans le transport des produits lourds tels que les hydrocarbures (la seule raffinerie du pays à l’heure actuelle se trouve à Limbé), le ciment (une cimenterie sera construite dans la ville de Limbé), les conteneurs et autres produits agricoles (plusieurs unités exploitent des milliers d’hectares de banane, huile de palme et hévéa autour de Limbé).

 

Barrage – réservoir de Lom Pangar, Mekin et Memve’ele

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Le Cameroun dispose en matière d’hydroélectricité d’un potentiel estimé à 20 GW, le 2e du continent africains derrière la RD Congo. Il n’exploite que 6% de ce potentiel mais il lui fournit déjà 95% de son électricité.

Principal chantier en cours, le barrage-réservoir de Lom Pangar dans la région de l’est Cameroun (capacité de 6 milliards de m3), sur la Sanaga devrait être livré en septembre 2015 selon EDC (Electricity development corporation), le bras séculier de l’Etat camerounais en matière d’infrastructures énergétiques. A fin mars 2015, le taux d’exécution des travaux était estimé à 70% par EDC. Toujours selon EDC, l’installation des premiers équipements hydroélectriques a commencé et à la même date les entreprises préqualifiées pour la construction de l’usine de pied d’une capacité de production de 30 MW étaient sélectionnées (il s’agit notamment de Cegelec à la tête d’un groupement d’entreprises, de la société indienne Angelique International, également en groupement. Viennent ensuite les Espagnoles Cobra instalaciones y servicios SA et Elecnor SA ; l’éthiopienne CRBC Addis Engineering Plc ; l’Allemande Voith Hydro Gmbh et de la société China Camc Engineering Co.). Cette usine permettra d’électrifier de nombreux villages de la région de l’Est, grâce à l’installation d’une ligne de transport de 90 KV, d’une longueur d’environ 120 km,  entre le site du barrage et la ville de Bertoua.

Le barrage est construit par la China International Water & Electric Corporation et est co-financé par la Banque mondiale (66 milliards de francs CFA), la Banque européenne d’investissement (19,7 milliards de francs CFA), la Banque africaine de développement (33 milliards de franc CFA), la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (20 milliards de francs CFA), l’Agence française de développement (39,3 milliards de francs CFA) et l’Etat camerounais. Le barrage de Lom Pangar induira l’exploitation optimale des barrages hydroélectriques de Songloulou et d’Edéa, lesquels seront susceptibles de générer en aval, grâce à une meilleure régulation de leurs débits un surplus de puissance d’environ 170 MW, sans investissements additionnels ». Près de 3 ans après la pose de la première pierre, les travaux  se poursuivent et malgré les mouvements d’humeur des employés sur le site ou des faits insolites relayés par la presse (braquges), EDC se veut rassurant quant à la mise en eau partielle du barrage à la date prévue. Seule incertitude, les aléas climatiques (pluies) qui pourraient retarder les travaux.

Dans le même chapitre on peut évoquer le début des travaux de construction du barrage hydroélectrique de Mekin financé à 85% par Eximbank China. La livraison du barrage -construit par la China National Electric Engeneering Corporation avec une usine de pied d’une puissance de 15 mégawatts et d’une ligne d’évacuation d’énergie de 33 kilomètres- annoncée pour mai 2015 (avec un retard de 5 mois) par la société Hydro Mekin ne semble pas avoir été effectuée. En octobre dernier, des manquements à des obligations sur le plan environnemental avaient été relevés par le gouvernement (déchets non triés, pollution de l’eau, problème d’hygiène dans les camps ouvriers) ce qui n’est pas de nature à rassurer sur la livraison prochaine du projet. Les problèmes de pollution sont d’autant plus préoccupants qu’Hydro Mékin, et le ministère des Pêches et des Industries animales, ont signé le 30 août 2014, un Mémorandum d’entente pour la mise en place d’un projet de développement de la pêche industrielle aux alentours de l’infrastructure énergétique en construction. La  réalisation de cet ouvrage hydroélectrique devrait permettre de délimiter une zone de pêche étendue sur environ 8 000 hectares, dans laquelle 11 variétés de poissons comestibles ont été identifiées par les experts du ministère des Pêches, pour un potentiel de production estimé à 500 tonnes par an.

Quant au barrage de Memve’ele d’une capacité de 201MW et situé dans le sud Cameroun son niveau d’avancement est estimé à fin mars par le Ministre de l’énergie camerounais, Basile Atangana Kouna à 60%. L’entreprise chinoise Sinohydro, qui construit le barrage hydroélectrique de Memvé’élé a réussi, fin février 2015, la seconde dérivation du fleuve Ntem sur le site de cette infrastructure énergétique. Cette opération marque la fin de la première phase de la construction de cet ouvrage et ouvre la voie «à la suite puis la fin des travaux de construction de la digue principale». La livraison serait prévue en 2017.

 

Infrastructure routière 

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Le dossier routier, lui, a pour priorité la densification du réseau intérieur pour désenclaver les zones agricoles et le développement des connexions avec les pays voisins afin de renforcer l’intégration régionale.

L’autoroute Douala – Yaoundé confiée à la China first highway engineering company limited est également une pièce importante du dispositif. Cette liaison fait partie d’un projet global à plus long terme de construction d’un triangle autoroutier entre Douala, Yaoundé et Bafoussam, les trois principales villes du pays.  L’avancement à ce stade est plutôt mitigé puisque seuls les travaux de terrassement généraux de l’autoroute Yaoundé- Douala, qui reliera les deux villes les plus importantes du pays, sont effectifs depuis fin 2014. En 2015, le premier tronçon de cet axe autoroutier (80 km sur un linéaire total de 215 km) devrait recevoir ses premières couches de bitume. Ces travaux coûteront 284 milliards de francs CFA, dont 241 milliards FCFA pourvus par Eximbank of China. L’infrastructure, qui, selon le premier tracé, doit se dédoubler dans la région du Littoral pour rallier la ville de Bafoussam, la troisième plus importante du pays située dans la région de l’Ouest, est construite par la China First Highway Engineering.

Les travaux de construction de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen, qui devra fluidifier le trafic entre l’aéroport international de la capitale et le centre-ville de Yaoundé, d’une longueur de plus de 20 km, devraient également être lancés cette année, selon les autorités camerounaises. En effet, toutes les procédures de passation des marchés ont été bouclées, et une bonne partie des financements mobilisés. L’on sait, par exemple, que la section dite « rase campagne », longue de  10,6 km, sera construite pendant 36 mois par l’entreprise chinoise dénommée China Communications Construction Company LTD, pour un montant total de 36,7 milliards FCFA. Le contrôle des travaux a été confié, depuis janvier 2014, au groupement de bureaux d’études techniques (BET) Studi International, Cenor et Ecta BTP, pour un montant total de 2 milliards FCFA. Le marché pour la construction de la section dite urbaine de cette autoroute, également longue de 10 km, a été attribué à trois entreprises Il s’agit des Chinoises Synohydro (5,8 km) et China Road and Bridge Corporation (1,9 km), et de la société égyptienne Arab Contractors (2,1 km). D’une longueur totale de 20 km, l’autoroute Yaoundé-Nsimalen devra officiellement coûter 154 milliards de francs CFA.

De nouveaux projets ont également été lancés. En effet, le ministère camerounais des Travaux publics vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt, pour le recrutement de bureaux d’études techniques (BET) devant participer à la pré-qualification, pour la réalisation d’études de faisabilité en vue de la construction de plus de 350 Km d’autoroutes au Cameroun.

Il s’agit d’abord des tronçons autoroutiers Bibodi-Douala (136 Km), visant à relier cette localité située à 69 Km de la ville de Yaoundé à la capitale économique du Cameroun ; Edéa-Kribi (120 Km), dont l’objectif est de fluidifier le transport entre la capitale économique, Douala, et Kribi, cité balnéaire de la région du Sud dans laquelle le tout premier port en eau profonde du Cameroun sera opérationnel dans les prochains mois.

Ensuite, il y a la future autoroute Douala-Limbé, longue de 100 Km, qui reliera la capitale économique du pays à la ville touristique de Limbé, dans la région du Sud-Ouest. Cette ville abritera également une cimenterie à construire par le consortium camerouno-coréens AFKO, ainsi qu’un port en eau profonde dont les travaux de construction du terminal multi-fonctions sont «en cours de démarrage», selon les officiels camerounais.

 

Mines : Bauxite, cobalt et manganèse de Nkamouna et Fer de Mbalam

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Onze ans après avoir obtenu le tout premier permis d’exploitation minière du Cameroun le 11 avril 2003, Geovic Cameroun, filiale de la junior minière américano-canadienne Geovic Mining Corp, a abandonné son projet d’exploitation du gisement de bauxite, cobalt et manganèse de Nkamouna, dans l’arrondissement de Lomié, région de l’Est du Cameroun. Aucune raison officielle n’est avancée pour expliquer l’arrêt de ce projet pourtant présenté comme prometteur.

Pour rappel, le projet minier de Nkamouna a été évalué à 615 millions de dollars, soit environ 306 milliards de francs CFA. Les réserves indiquent environ 121 millions de tonnes de ressources minérales avec des teneurs moyennes de 0,23% pour le cobalt, 0,65% pour le nickel et 1,35% pour le manganèse. D’après l’étude de faisabilité bouclée en 2011, ce projet devait générer 800 emplois directs et près de 400 emplois indirects.

S’agissant du projet de minerai de fer de Mbalam-Nebaba, la quantité des ressources de ce gisement disposant d’une forte teneur en hématite de grade supérieur été revue à la hausse par la junior minière australienne Sundance Resources, qui à travers sa filiale Cam Iron conduit le développement du projet d’exploitation du gisement de fer de Mbalam-Nabeba, à cheval entre le Cameroun et le Congo. Il faut noter que le gouvernement camerounais a Cam Iron une prorogation du délai initial arrêté pour la mobilisation des financements. Ce délai est désormais fixé au 30 juin 2015, annonce Sundance dans son rapport d’activités 2014.

En effet, en signant la convention d’investissement avec l’Etat camerounais le 29 novembre 2012, Sundance avait 18 mois pour mobiliser environ 3000 milliards de francs CFA, pour le lancement effectif de la première phase du projet d’exploitation minière le plus avancé du Cameroun.

Ce délai courrait donc jusqu’au mois de mai 2014. Mais c’est en juin 2014 que Sundance a signé un accord avec la société portugaise Mota Engil, pour la construction des infrastructures liées au projet, notamment le chemin de fer entre Mbalam et Kribi ; et annoncé qu’elle s’était alliée à la sud-africaine Standard Bank, pour la recherche des financements. De même, les levés topographiques et les consultations populaires sur le tracé du chemin de fer Mbalam-Kribi ont démarrés d’après Cam Iron. Cette infrastructure ferroviaire, qui s’étirera sur 510 Km, permettra d’évacuer le fer qui sera produit à Mbalam, à l’Est-Cameroun, vers le port en eau profonde de Kribi, dans la région du Sud du pays. Une ombre subsiste cependant au tableau. En effet, Une étude menée par la Columbia Center on Sustainable Investment (CCSI) a mis en évidence le fait que sur la base de la convention minière signée entre l’Etat du Cameroun et Cam Iron les perspectives de revenus pour le pays ne sont pas optimales, en raison des différents modèles de prélèvements fiscaux adoptés. La problématique posée est d’autant plus pertinente que le projet  présente une rentabilité élevée (de l’ordre de 26%). Selon, Nicolas Meanling, l’expert indépendant de la CCSI ayant travaillé sur ce rapport à la demande de la coalition camerounaise «Publiez Ce que Vous Payez», plusieurs points de cette convention en rapport avec les revenus fiscaux méritent des améliorations, qui pourraient permettre au gouvernement camerounais de récolter plus de revenus dans des conditions qui ne sont pas lourdes pour le projet.

Les réserves de Rutile (dont le Cameroun détient  derrière la Sierre Leone de la 2e réserve au monde) quant à elles ne sont pas encore exploitées. Un appel à manifestation d’intérêt pour la présélection d’entreprises ou groupements en vue de l’attribution d’un titre minier a été lancé en début 2015.

 

En définitive

S’il est certain que des avancées sont à noter, il ne serait pas malvenu de souhaiter une exécution plus rapide de ces travaux car il s’agit de projets stratégiques, urgents compte tenu des externalités positives attendues. Il ne serait pas abusif de dire que l’avenir des prochaines générations d’Hommes au Cameroun et dans la sous-région Afrique Centrale se joue aussi sur ces projets.

 

SOURCES :

http://www.investiraucameroun.com/entreprises/0805-6338-cameroun-apres-le-port-de-kribi-le-chinois-chec-vise-t-il-le-chemin-de-fer-edea-kribi-lolable

http://www.guide-investir-cameroun.com/wordpress/documents/portKribi.pdf

http://www.investiraucameroun.com/pdf/IC34.pdf

http://www.investiraucameroun.com/energie/1803-6179-le-barrage-hydroelectrique-de-memve-ele-dans-le-sud-du-cameroun-deja-construit-a-60

http://www.investiraucameroun.com/mines/1610-5742-le-cameroun-n-a-pas-optimise-ses-revenus-fiscaux-sur-le-projet-de-fer-de-mbalam-selon-la-ccsi

 

 

Qui a écrit cet article?

Patrick Kameni

Patrick est consultant dans un cabinet conseil de la place.