Pauvres startups, vous êtes si malades!

Alors parce qu’on bosse dans une boite qui réussit et que l’on a soi-même plus ou moins réussi dans une boite, on se prend pour un leader… A coup de citations de grandes personnalités (parfois même attribuées à tort) piochées ça et là et d’infographies téléchargées, se prêtant d’ailleurs au contexte occidental qu’Africain pour les Africains, au contexte Américain pour les Occidentaux, on balance des conseils, façon pseudo-experts i-télé et BFMTV (encore des programmes occidentaux) aux start-ups et on s’improvise « mentor ».
(oui, j’aime les phrases longues).

Ajouté à cela, quelques centaines/milliers de followers, qui renforcent notre égo (followez-moi quand même hein… naaa pas pour mon égo, pour … bref), on se croit « influenceur » et par toutatis, on prétend donner des conseils sur la création et sacrilège, le fonctionnement du start-up.

Et si on a le malheur, du moins le bonheur pour eux, d’être adoubé par les grands manitous, entendez les responsables de grosses multinationales, on a atteint le graal. Il ne reste plus qu’au roi Arthur (ou au nkunkumah local) lui-même de faire de nous les personnes à absolument rencontrer pour réussir.
(oui, j’aime les parenthèses).

Vous voulez aider les start-ups?

Remplissez les conditions suivantes :

– Ayez une expérience professionnelle dans une start-up, en tant que employé ou fondateur. Parce que si on a eu la chance de tomber directement sur une grosse boite (et c’est tout à votre honneur ou à celui de papa, c’est selon), on ne connait pas les codes des startups.

– Ayez un peu d’argent pour consommer les produits/services de la start-up. Oui, tout le monde veut boire du Coca-Cola (ou Pepsi), mais parfois c’est aussi bien de goûter au foléré. Tant qu’une entreprise met en place un produit innovant et qui répond à un besoin réel, le mieux à faire est de consommer de temps en temps, pas de les expliquer que leurs affiches sont en monocolor ou que leur site est pas fameux.

– Ayez un peu d’argent pour financer. Ou alors, ouvrez des brèches pour que les choses avancent. Participez aux levées de fond ou aux crowdfundings.

Nous ne demandons pas la pitié, parce qu’au fond, nous nous sommes engagés nous-mêmes, mais de grâce, arrêtez avec ces conseils à deux balles et ces postures hautaines, style « moi, c’est le grand César« . Les diplômes, les théories, les pensées, les citations, les success stories et autre powerpoints, c’est une chose. Mais la réalité est toute autre et quelqu’un qui est passé par l’entreprenariat est mieux placé pour donner des conseils qu’un énarque ou « éname » (on dit ça? Pour l’ENAM au Cameeroun).

Bien-sûr la critique est bonne et elle fait avancer. Mais elle prend sens quand le dépositaire est quelqu’un qui est passé par là. Pas un employé, fût-il directeur dans une grande multinationale. Parce qu’on ne réfléchit pas dans les conditions d’une start-up comme dans une grande boite.
(Oui, j’aime le mot « grand »).

A part ça, tout va bien et on compte sur vous pour faire bouger les choses hein.

Project Professional Manager, Chief Creative Officer, Marketing Manager, WebDevelopper, WebDesigner, Online and Digital Manager, producteur et animateur radio/TV et fondateur d’obosso. Founder et CEO d’artecaa, entreprise offrant des services dans le digital.