Non, la polygamie n’est pas une option

Au cours d’une causerie avec ses sympathisants, le candidat à l’élection présidentielle du Cameroun 2018, Cabral Libiih a déclaré être contre la monogamie et a favorisé la polygamie, en soutenant la recherche de la croissance comme argument. Il faut tout de suite signaler par honnêteté intellectuelle, qu’il n’encourage pas le mariage forcé, ni des procédures de toute nature qui rendraient la femme esclave de l’homme.

En regardant attentivement cette vidéo, j’ai compris le venin subtil qui vous empoisonne quand vous écoutez ses arguments sur la question, sous un charisme charmant en n’en pas douter et qui, faute de vigilance intellectuelle, peut vous emmener à épouser un point de vue qui me semble totalement incongru. Sans lui prêter de mauvaises intentions, en le créditant d’un souci de bienveillance pour le Cameroun, j’ai tout de même conclu qu’il a les bonnes motivations/arguments, mais la mauvaise solution. Tout en savourant son opposition (inavouée?) à Macron, président Français sur le ventre des femmes, je présente ci-dessous ce qui me parait juste.

 

Objectif: Créer un marché pour doper la croissance

La solution C. Libiih (entre autres): la polygamie

Premièrement, sans être féministe ou ultra-féministe, ceci est tout bonnement du mépris involontaire (je l’accorde) envers les femmes au nom de la croissance. Il faut être fanatique pour ne pas voir discerner cela. Elles ne sont pas un bétail, des pompes à enfants ou des exutoires libidineux les hommes. Car, la plupart des hommes qui disent oui à la polygamie n’ont pas pour but de procréer afin d’augmenter le marché, mais juste de satisfaire leur complexe de surdomination ridicule.

Passage rapide sur la création et gestion des soucis liés à l’héritage (droit successoral), qui est en soi est déjà compliqué et risque de s’alourdir face au déferlement des cas posés.

Par les mœurs qui courent, je vois mal une femme partager son homme, même si on lui prête la plus grande « villageoisie « . Et c’est son droit. On ne peut pas demander ou exiger à une femme, bercée au romantisme, inondée par les modèles existants du couple et de la famille, d’abandonner tout ça pour des motifs de croissance du Cameroun. Je le dis au sujet des femmes, mais je pense pareil pour les hommes. Quel homme en acceptant la polygamie, accepterait la polyandrie, quand on sait sa rage au simple regard d’un autre homme sur son « trophée » ou sa femme.

Enfin, et loin de ce qu’on pourrait croire, pour plusieurs croyants (je suis Chrétien) – et ça compte énormément dans le vivre-ensemble – la polygamie n’est même pas une option. Les fondements des convictions sont si profondes qu’envisager de partager un homme avec une autre, ne peut être accepté.

Si la démographie est une valeur sûre dans la croissance économique, il faut veiller à ne pas confondre individu et consommateur; consommateur et producteur.

Solutions suggérées

S’il faut tant que ça encourager les naissances, alors je suggère de pencher pour des réflexions et actions comme celles ci-dessous.

Créer un cadre juridique et économique

Les politiques baby-boom en Europe après la deuxième guerre mondiale n’ont pas utilisé la polygamie pour résoudre ce problème; au contraire, c’était les périodes de (fausse) liberté sexuelle et d’expansion des libertés de la femme (je ne suis pas d’accord avec toute forme de féminisme, au demeurant).

Dans le pays Cameroun en l’occurrence, les politiques d’avant-crise 1989 proposaient une aide aux naissances via les leviers d’allocations familiales; en gros, un enfant en plus octroyaient une rente pour soutenir la famille. Parce que le découragement à la procréation vient souvent de l’incapacité à subvenir financièrement aux besoins y liés. Or comment résoudre ces équations sinon qu’en augmentant le pouvoir d’achat des familles. J’entends par là, que les secteurs publics et privés s’arriment à tout bonnement créer des emplois et des emplois à la rémunération décente.

Mais ceci n’est qu’une partie car il faut aussi prendre en compte, le cursus d’épanouissement financier des individus: éducation presque gratuite au primaire, frais réduits au secondaire et universitaire, compensations médicales, flexibilités d’imposition, facilités foncières, administrations au service des peuples, etc. C’est ces éléments-ci, formidablement combinés qui dégageront des bouffées d’air financières dans les ménages et qui permettront aux familles d’enfanter et d’être sûres que les enfants ne seront pas un fardeau.

Un enfant n’est pas forcément un acteur économique

Car justement, le tout n’est pas d’avoir des enfants, encore faut-il qu’ils deviennent des consommateurs et surtout des producteurs. Consommateurs déjà parce que cela permet de doper le marché. Mais aussi producteurs (dans quelques années bien-sûr), sinon, ils deviennent une charge pour l’Etat et à moyen terme, augmentent la dette intérieure. Ce que l’on croyait résoudre peut en effet devenir un problème et ce, pour une durée de vie d’environ 50 ans…

Facteurs de croissance éprouvées

Mais à vrai dire, la croissance recherchée via la création de marché, passe aussi et surtout par la compétitivité internationale, qui se manifeste par le haut niveau d’innovation, de la positivité de la balance commerciale, soutenue par une politique agricole offensive et un patriotisme économique. Les exemples des pays scandinaves ou du Japon à l’opposé de la Chine, Inde, Russie, Etats-Unis nous démontrent bien que petites populations et amour de chez soi peuvent tout à fait être ultra-compétitifs.

Donc, si la démographie est une valeur sûre dans la croissance économique, il faut veiller à ne pas confondre individu et consommateur; consommateur et producteur. Je suppose que les éléments présentés ci-dessus peuvent se retrouver dans son programme ou d’autres vidéos. Dans ce cas, il doit faire preuve de beaucoup d’intelligence dans ses propos pour imprimer dans la conscience collective des idées claires et pas ambiguës.

Bonne chance à Cabral Libiih et à tous les candidats à l’élection présidentielle au Cameroun 2018!

Ce billet fait partie de la série: Pourquoi Paul Biya risque encore de gagner

Dans la même série:

  1. A la quête du Macron Camerounais
  2. Non, la polygamie n’est pas une option (Current)
  3. Pourquoi Paul Biya va encore gagner?

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Project Professional Manager, Chief Creative Officer, Marketing Manager, WebDevelopper, WebDesigner, Online and Digital Manager, producteur et animateur radio/TV et fondateur d’obosso. Founder et CEO d’artecaa, entreprise offrant des services dans le digital.