Le sport en entreprise

Fitness à Jumia

Le Cameroun est spécialisé en tares et inepties; c’est le moins qu’on puisse dire. Mais il y a des domaines où il excelle (encore heureux). Particulièrement, celui du sport. Au-delà des exploits nationaux dans diverses disciplines et divers tournois, en remerciant les Roger Milla, les Lions et Lionnes indomptables, toutes générations confondues, boxeurs, handballeurs, basketteurs, athlètes individuels, etc., il y a surtout l’engouement qu’ont de plus en plus les Camerounais à pratiquer le sport. Et franchement, c’est très bien.

En l’occurrence – et NON, cet article n’est pas payé – j’ai participé, en tant qu’observateur tout de même (je bossais, je bossais :) ) à une session fitness à Jumia. Avant d’élaborer quelques problématiques à ce sujet, écoutons d’abord la raison d’être d’un tel programme par Candace Bisseck, directrice de l’entreprise.

 

Et c’est là que ça devient important.

La question du bien-être en entreprise est-elle une réalité locale?
Peut-on y trouver des plus-values, en dehors des bienfaits classiques du sport?
Et finalement, cela pose aussi la question de l’intérêt de l’employeur vis-à-vis de ses employés.

Beaucoup d’articles, notamment dans les sphères Marketing et ressources humaines, traitent des sujets liés aux fameux millenials et de leur adaptabilité dans les conditions de travail telles que vécues aujourd’hui.

D’une part, on a le contexte Camerounais, qui veuille que le salarié survive et devrait se contenter de gagner sa vie, peu importe qu’il se sente à l’aise ou pas dans son entreprise. Ici, le but n’est pas de s’inscrire dans une logique d’épanouissement dans son lieu de travail, mais d’arriver à tenir le coup ou éventuellement à préserver les acquis. Chose tout à fait compréhensible au regard des traitements méprisants de la part des directions, fortement décriés par les employés (absence de congés, non-respect des droits, arriérés de salaires injustifiés, renvois abusifs, promotions canapé, humiliations, menaces, intimidations, etc.).

De l’autre côté, les technologies digitales ayant changé la donne tant sur le plan de la dématérialisation des solutions, que de la conception de l’approche managériale (mode startup, surtout), il existe une forme de courage professionnel que les employés adoptent et réclament dans l’exercice de leurs activités. Le leitmotiv est d’agir et interagir dans un écosystème où l’individu est valorisé en tant que élément entier (corps, âme, voir esprit), plutôt que d’être un simple matricule; du moins en apparence.

La question que se posera alors le décideur (responsable de ressources humaines ou employeur) sera d’évaluer ce que le bien-être, l’épanouissement de son staff aura sur sa productivité et a fortiori sur le chiffres d’affaires général de son entreprise. Dans des conditions où les styles managériaux considèrent que l’employé est paresseux (théories X  de motivation de McGregor), voire stupide pour certains, il est facile de comprendre que l’employeur ne pensera la croissance de son entreprise que par la mécanisation des activités, confortée par des process bien quadrillés et labyrintheux. Par contre, les adeptes de théories Y et Z (McGregor, William Ouchi, William Edwards Deming), n’hésiteront pas à user de ce genre d’activités (sport, ludisme, tourisme, team building, récompenses, fidélisation, confort matériel, etc.) pour disposer les équipes dans un climat favorisant l’estime de soi et la réalisation personnelle.

Il faudra donc, études à l’appui, analyser l’environnement dans lequel se déploie une entreprise, la vision personnelle des décideurs concernant le management, des cultures internes, les réalités sociétales pour aboutir à une forme ou à une autre de leadership, profitable à l’entreprise, cette fois-ci d’un point de vue financier.

A part ça, le sport demeure bon pour la santé.

 

Qui a écrit cet article?

Sergeobee

Project Professional Manager, Chief Creative Officer, Marketing Manager, WebDevelopper, WebDesigner, Online and Digital Manager, producteur et animateur radio/TV et fondateur d'obosso. Founder et CEO d'artecaa, qui gère la plateforme de travaux ponctuels rémunérés eboloo.com.
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