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Papy était  le type d’homme sur de lui .Il avait atteint la moitié de la quarantaine et s’était marié il y’a une dizaine d’années à une jeune licenciée , pas terrible physiquement , mais qui le vénérait totalement . Elle avait su toucher son ego et il s’était laissé apprivoiser par ce cœur révérencieux  et cette âme cultivée et dévouée à sa cause .Elle avait un bon boulot et donnait la plus grande partie de son salaire à l’homme de sa vie qui la remerciait en buvant continuellement un bon whisky nommé « Lion ».Un lion il l’était , et un lion même  apprivoisé  reste un lion.Le lion Papy était fatigué de la morosité que lui offrait sans cesse sa femme et cherchait une offre plus trépidante .Il l’avait trouvée dans Mamy , la femme du voisin  d’en face.Ce voisin était une brute, irrespectueux  et sans bonnes manières ,traitant constamment son épouse de femme idiote et de villageoise sous les yeux effarés de Papy qui ne se calmait qu’en buvant goulûment une bouteille entière de Lion.

Quand ce voisin passait , il ne le saluait jamais .Mais quand il était en compagnie de sa femme , lorsque leurs yeux se croisaient , le cher voisin tournait les yeux haineux puis il gonflait son torse , tel un gorille observant un rival .Si papy détestait cordialement son cher voisin , il n’en était rien concernant la jeune  et ravissante  Mamy .Elle était brune , svelte et bien bâtie , très attirante malgré le vieux  pagne  qu’elle portait continuellement à la maison pendant qu’elle faisait ses travaux quotidiens .Il la suivait chanter pendant la lessive et avait pris l’habitude de déguster ses chants de sa fenêtre , tellement concentré qu’il ne remarquait pas la présence de sa femme qui l’observait souvent d’un coin , avec un regard triste et réprobateur.réprobateur. Ca faisait quelques années qu’il était devenu distant avec sa femme .Pourtant elle avait tout fait pour le reconquérir: grandes attentions , petits plats délicieux , pleurs  cris .Rien n’y avait fait .Résignée , elle observait son manège avec la voisine , réfléchissant à quels coups d’éclats elle allait procéder pour le sortir de cet état visqueux , de ce dangereux rêve , de cette possible incongruité .

 

Un jour , ce fameux jour , ce spécial jour ,voila un Papy plus en état d’ébriété que d’habitude qui observa Mamy aller au marché .Il avait vu son mari sortir plutot et il se décida à se positionner dans un bosquet sur le chemin du marché en attendant le retour de Mamy .Il l’avait trop lorgné , il lui fallait passer à l’attaque .Elle ne mit pas long à revenir, le sac de marché sur la tète .Il n’aimait pas spécialement cet accoutrement ,il aimait tout de même le raffinement  mais voila , il devait s’exprimer à tout prix .Il prit une grande bouffée d’air et l’accosta :

– Bonjour Mamy , content de te voir , on n’a jamais pu parler depuis tout ce temps , je suis le voisin d’en face .Mamy sorti un beau sourire sans un mot et le salua ce qui lui donna la force d’aller jusqu’au bout .

-Je vous observe depuis longtemps et je suis désolé par la façon dont votre mari vous traite .Une pareille beauté ne peut pas être méprisée de la sorte .Si j’étais votre mari , je vous chouchouterais , je vous apprécierais, je vous aimerais comme il se doit .Vous êtes étincellement radieuse et si je me permets de vous dire tout cela d’un trait , c’est parce que je veux votre bonheur

La fille sourit et lui répondit avec une voix d’une qualité si originale qu’on aurait pu la comparer à celle de big mamy sortant d’Evodoula en pays Etonn :

– Monlouami tu pakle comme la gar de la radio qui pakle dan mon mouaizon .Je ne compren pa ton gro franssai la .Tu di que mon mari a fai koi? tu veux remplacer mon mari?je ne comprend pa pourquoi il m’appelle la villageoise ci alors que j’ai kitté Ebebda le jour où il y’avait beaucoup la poussière en route et je suis venu  à Yaoundé .J’ai même acheté la robe qui tourne qu’on ne vend pas au village le jour du marché du jeudi hein .même le chef du village m’aimait …

Il ne suivait plus le bavardage intempestif de cette fille sans style verbal .Elle était belle certes, mais la beauté pour lui était un tout .Un mélange entre la merveille d’un corps bien dosé et une âme bien bâti.Cette Mamy venait de perdre à ses yeux tout l’éclat qu’elle  avait et il se demandait quelle anophèle femelle lui avait injecté ce poison qui l’avait rendu magnifique à ses yeux .Elle devenait quelconque et il voyait à quel point sa femme  cultivée était impressionnante et majestueuse .Il n’avait plus qu’une envie , retrouver sa femme et s’excuser pour tout et lui prêcher un amour infini de sa part pour l’avenir .Il en était la dans ses pensées quand Mamy lui fit comprendre qu’elle attendait un homme comme lui pour quitter son mari si barbare .Une grosse goutte de sueur coula de sa calvitie .Il se mit à courir subitement en voulant fuir cette malchance qui semblait agripper à lui.Mamy ne le laissa pas et se mit à le poursuivre.Papy arriva vers sa maison et trouva à l’entrée de son domicile son cher voisin entrain de toucher les joues de sa chère épouse pendant qu’elle riait .son sang ne fit qu’un tour .Il fonça tel un buffle blessé vers l’insubordinateur, prêt à lui donner une correction mémorable .Le voisin n’eut que le temps de se retourner pour voir Tarzan remix pousser un juron alors qu’il lui balançait un coup de poing.poing. Mamy arriva alors que les 2 maris enlevaient leurs chemises pour mieux bagarrer , l’un insultant l’autre de voleur de mari , et l’autre lui disant combien il le détestait alors qu’il regardait sa femme du coin de sa maison .Mamy n’eut pas le temps de crier car elle reçut une bonne baffle de l’épouse de Papy .Une bagarre à 4 commença  , les yeux se beurraient , les dents croquaient tout ce qu’elles voyaient .Les calvities évoluaient et si ce n’est la police qui vint séparer , une deuxième guerre de Troie aurait été lancé.Chacun prit congé de l’autre et Papy et son voisin se retrouvèrent célibataires , pour avoir voulu un bien qui ne leur appartiendrait jamais

La femme du voisin si belle ne sera toujours qu’un mirage .Si on l’atteint , on se rend forcément compte qu on vient de toucher une dune .Il n’y a rien de comparable à une femme qui t’aime et qui a choisi de te donner sa vie .Ne détruit pas ce que tu as de plus précieux.

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