Je vous parle de cohérence

A l’adresse de tous ceux qui se prétendent Chrétiens…
Et je le dis d’emblée, je suis Chrétien, bibliquement s’entend.


Je vous parle de cohérence.

Lorsque Trump a été élu, que n’ai-je pas lu sur son « élection divine » ? La manifestation de joie qui en a découlé, était faramineuse. Les retournements de veste, y en a tellement eu, histoire de ne pas avoir honte. Comme raison, Hillary sert les desseins du diable (et je suis même d’accord) et Trump, c’est l’approuvé de Dieu (cause toujours). Au fond, beaucoup d’entre nous, Chrétiens, cachaient leur position (pro-de Trump) et s’en sont réjoui en privé ou en public, une fois élu. Mais encore.

Pendant son mandat en cours, beaucoup le défendent, malgré les lourdes accusations et preuves que l’on peut aisément remarquer : misogynie exacerbée, racisme, xénophobie, mépris et moqueries des handicapés, pauvres, etc., mensonges réguliers, associations avec des associations racistes et peu recommandables, adoubement des meurtriers, justice à sens unique, etc. Je ne parle même pas de ses frasques et irrespect de la fonction présidentielle. J’omets volontairement les enquêtes sur la potentielle fraude électorale avec la Russie et le fait que Trump a perdu le vote populaire, mais a gagné celui des 538 grands électeurs qui ont été décisifs (hé oui, chaque pays a son ELECAM). Toutes ces preuves accablantes ne font pas osciller la bien-pensance religieuse, qui systématiquement trouve des piges « entubatoires » pour justifier l’injustifiable. Au mieux, les accusations sur Trump sont des fake news ; au pire, des versets bibliques (toujours justes, mais parfois utilisés hors-contexte) servent à justifier son approbation : on doit prier pour le chef de la nation, on ne doit pas le contester, le Chrétien n’est pas rebelle, il respecte les lois du pays, il vient pour accomplir les plans de Dieu sur Israël, etc. (on se retrouve plus bas, à ce sujet).

Notre Roi, le Christ-Jésus, aurait-il cessé de régner ?

Voilà donc un Biya, président du Cameroun, dont tous reconnaissent qu’il a un bilan catastrophique depuis 36 ans ; qui peut le contester en toute honnêteté ? Qui peut se réjouir de ce qu’il a fait, même si au fond, on peut toujours trouver une ou deux choses de bien. Là, n’est pas la problématique qui m’intéresse.

Ce qui me rend perplexe, c’est que pour certains d’entre nous, c’est la mutation en cimetière au sujet de Trump en aboyeur au sujet de Biya. Il faut tout de suite, retrouver le sens de la justice, de droiture, de valeurs, d’intégrité, etc. Faut voir le soudain engouement pour la vérité qui nous anime quand il faut démontrer que Biya serait la pire chose qui soit arrivée au Cameroun, indignation saupoudrée des tristesses légitimes des Camerounais. Est-ce de l’hypocrisie ou la fausse balance? Cette critique justifiée sur le régime en place, est-elle circonstancielle au gré de nos choix personnels ? Et notre approbation de tel ou tel candidat, obéit-elle aux valeurs que nous défendons bibliquement ou à nos coups de foudre politiques, notre tribalisme réminiscent, notre haine envers un homme, qui a tout aussi besoin de salut et de prières, comme Trump ? En tout cas, la chair y est pour beaucoup.

On est arrivé au point où nous avons lié nos bonheurs personnels et celui de la nation à la couleur et l’action du président de la république élu. Notre Roi, le Christ-Jésus, aurait-il cessé de régner et d’être suffisamment fort pour qu’un Paul Biya vienne obstruer Ses plans ? Ou a fortiori, vu que Kamto représenterait le salut, le messie de Dieu pour certains d’entre nous, on est certain que la volonté de Dieu serait accomplie au Cameroun et que les choses changeraient pour Sa gloire ? L’apolitique d’hier et d’outre-mer devient l’activiste le plus fervent au point de requérir des marches de protestation, de faire des « déclarations prophétiques« , de sataniser Biya. Something is wrong somewhere. Je le dis à notre honte. Tous! Nous avons fait de notre « sel« , de notre « lumière« , un outil faire passer nos voix, notre haine de ce pays que Dieu nous a donné, pour oublier nos responsabilités et dans certains cas, notre tribalisme.

Ceux qui ne connaissent pas le Dieu de la Bible ont le droit de faire à peu près ce qu’ils veulent. Mais je m’interroge sur l’objectif du Chrétien face à sa situation locale. En l’occurrence, je repose la question, « est-ce que changer Biya, c’est changer le Cameroun et c’est changer les Camerounais ?« . Il me semble que nous, Chrétiens, aspirons à quelque chose de plus glorieux que de voir nos champions l’emporter ou un autre écrasé. La preuve du contraire jusqu’ici observé, c’est que presque personne ne peut donner les détails du programme politique de l’un ou de l’autre candidat, pour s’enquérir au moins de ce qu’il ambitionne pour le pays. Peu de personnes connaissent les attachements spirituels de tel ou tel candidat pour fonder ses décisions. « Biya must go » ne peut pas et ne doit pas être le leitmotiv de nos actions au sujet de cette campagne. Si on mettait la même énergie à défendre le Royaume d’en haut ou au moins, sa manifestation dans les cœurs des Camerounais en termes de lutte contre la corruption, politique sociale forte…

J’ai été motivé par une seule chose : le changement sans versement du sang, DU Camerounais.

Je n’aime pas vraiment parler de moi, quand il s’agit de sujets aussi sérieux, mais je vais déroger à la règle. Je prends du temps et je scrute mon propre parcours, avec minutie. Et je trouve que je reste cohérent. Mon combat en la matière est connu de tous et ce, depuis des années. Je me souviens encore lors de la guerre en Côte d’Ivoire où je martelais que Gbagbo (qui aurait recueilli mon suffrage, si je fus Ivoirien) n’est pas un homme de Dieu ou des choses semblables pour justifier son vote. Que chaque politicien est un démagogue à la base et qu’il a toujours des « hidden agenda« . Presque seul contre la plupart de mes frères Chrétiens, j’encourageais plutôt à évangéliser et à souhaiter la repentance de plusieurs à l’occasion. Ce fût ma prière en ces temps-là et c’est le cas pour le Cameroun. J’avais refusé d’arborer les photos de profil de Gbagbo et je ne cautionnais pas les nuits de prière, style Moise fendant la mer, pour expliquer comment Dieu était derrière lui. Comme le suggère Carter Conlon, on ne politise pas le pupitre. Au demeurant, Gbagbo a perdu et s’est même retrouvé en prison ; injustement cela dit.

Pendant tout ce débat sur la présidentielle au Cameroun, j’ai été motivé par une seule chose : le changement sans versement du sang, DU Camerounais. Pas nécessairement du président, car j’ai trop vite analysé et compris que le problème de notre pays, n’est pas un homme ou même un régime, mais est la captivité spirituelle dans laquelle les Camerounais se trouvent. Il m’a toujours paru évident que la lutte, c’est contre les puissances invisibles et pas dans la rue, avec le risque de morts d’innocents. J’en ai parlé et rabâché dans mes publications, mes commentaires, mes billets de blog, dans des émissions radio, avec le langage de ce siècle, avec cette même rengaine et cette rigueur intellectuelle qui consistent à dire les choses vraies, sans aucunement céder aux émotions. De la même façon que je tape sur Trump quand je vois son mépris du Noir aux States ou de son encouragement de l’exploitation des travailleurs, je n’ai pas dérogé à souligner à maintes reprises les écarts de ce régime, déjà bien avant la présidentielle (Eseka, Koumateke, crise NO/SO, etc.). Je n’ai pas non plus hésité à contredire le candidat Libii sur la polygamie ou son opportunisme politique. Qui ne m’a pas lu désapprouver les options de Kamto, ou déposer Matomba par exemple ? Il n’y a que OSIH que je n’ai pas touché, peut-être parce que le candidat fût moins polémique et beaucoup plus discret médiatiquement. Je ne prête et ne prêterai jamais à aucun politicien le devenir glorieux de notre pays, connaissant les réseaux classiques, ésotériques, maçonniques de la plupart d’entre eux. Et connaissant surtout les prophéties bibliques sur le déroulement des derniers temps. C’est ma façon d’être et j’agis ainsi partout, dans tous les domaines, y compris ceux estampillés « Chrétiens » (vous savez quand je tape sur une doctrine qui me semble louche bibliquement parlant).

Le problème de notre pays, n’est pas un homme ou même un régime, mais est la captivité spirituelle dans laquelle les Camerounais se trouvent.

Ce que je veux, c’est que le Camerounais aime son pays, son frère et Dieu.  Aucun président ne peut résister à ça ; aucun !

Oui, je vous parle de cohérence, de la vraie intégrité.

Et finalement de ce qui doit guider nos cœurs, nos actions et nos paroles publiques dans ce genre de sujets : justice biblique pour TOUS. L’Eternel a horreur de la balance fausse, vous rappelez-vous ?  Quels que soient les plateaux où j’ai dû intervenir, y compris en étant moqué publiquement, j’ai toujours martelé que ce qui intéresse Dieu, c’est les cœurs. Ce que je veux pour mon pays, n’est pas Biya, Kamto ou un autre. Ce que je veux, c’est que le Camerounais aime son pays, son frère et Dieu.  Aucun président ne peut résister à ça ; aucun !

Alors, messieurs et dames, le show est terminé et d’ici quelques temps, les émotions vont s’étioler et les Camerounais reprendront leur train train quotidien. Nous allons devoir assumer notre devoir de Chrétien, et ce, avec joie :

  • Rendre grâces pour le président actuel et l’état actuel des choses
  • Prier pour lui, sa famille et son gouvernement
  • Prier pour la paix dans ce pays pour que vous puissiez adorer Dieu tranquillement ou vos proches, si vous vivez à l’étranger
  • Prier pour que la nation soit justice et que la bonne moralité y règne
  • Prier pour que les pires ou les bonnes situations conduisent les uns et les autres à Christ

Et si cela ne nous plait pas, serrons les dents, nous en avons pour 7 ans ;

si le Christ ne revient pas.

Project Professional Manager, Chief Creative Officer, Marketing Manager, WebDevelopper, WebDesigner, Online and Digital Manager, producteur et animateur radio/TV et fondateur d’obosso. Founder et CEO d’artecaa, entreprise offrant des services dans le digital.