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Élites Africaines, l’enjeu est ailleurs – Partie 1

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A la faveur des actualités récentes et des débats actuels qui se posent sur la scène Africaine (Franc CFA, ventre des femmes, entrepreneuriat, organisation de la coupe d’Afrique de football, etc.) et suite à une « injonction » de mon amie Anne Marie, véritable citoyenne Africaine, il m’a paru pertinent d’étaler dans le contenu de ce billet, les analyses que je porte au sujet des élites Camerounaises, mon pays, et Africaines (me sentant et me sachant purement Africain).

Photo by bill wegener
Photo by bill wegener

Il s’agit en fait de sous-peser les actions, actes et autres orientations politiques et économiques que mènent nos dirigeants et tous ceux que nous devrions considérer comme élites du peuple. Elites exerçant en Afrique; la diaspora a toute une autre logique. Pour tout dire, il faudra même aller au-delà d’une simple observation journalistique, polémiste, sociologique, politique des choses pour le plus précisément possible, appréhender les cadres de référence et d’actions des acteurs de la société. Le tout fait, en y ajoutant des pistes de réflexion sur des axes d’avenir, qui permettraient aux Africains d’être à la place, dans le concert mondial, qu’elle mérite et que tous, d’ailleurs réclament.

L’Histoire est déjà en marche

Avant même d’élaborer toute analyse sur cette question d’élites, il faut déjà garder en mémoire que l’Afrique, d’une manière ou d’une autre est résolument tournée vers un avenir prometteur. Les regards envieux et volubiles qu’ont les puissances mondiales actuelles sur le sol Africain témoignent de cet enjeu réel, bénéfique et surtout très proche que représente le continent Noir. Ce bout du tunnel, longtemps creusé et forgé par la sagesse des anciens, la bravoure des héros d’antan et martyrs aujourd’hui, les épopées de résistance parfois aussi tragiques, les combats pour des causes justes menés par nos martyrs, activistes, guerriers, savants, penseurs, intellectuels, ici et ailleurs, pour le peuple à la peau bronzée, hier et aujourd’hui, est forcément à portée et son heure, imminente. Ce n’est pas les soubresauts de quelques opposants en tout genre, locaux ou internationaux, politiques ou financiers, connus du grand public ou tapis à l’ombre dans des grottes diaboliques, avec pour entre autres intentions de voir l’Afrique éternellement en béquille, qui l’empêcheraient de voir son zénith. Et ce n’est pas non plus le mépris du Président Français Macron – comme la plupart des Présidents Français d’ailleurs – nourri à la source attalienne, alain-minskine, au sujet du problème civilisationnel des ventres des femmes Africaines, emboîtant le pas à son prédécesseur de deuxième niveau Sarkozy, qui obstruera la voie du progrès qui se trace en Afrique, notamment quand on observe les leçons économique du Rwanda ou démocratique du Kenya (refus par la Cour Suprême du verdict des élections). La démographie plus que jamais galopante, suffit à elle seule à expliquer la peur des autres face à l’Afrique de demain, car facteur positif de consommation, levier de pouvoir d’achat et de ressources de sécurité; ce qui forcément aboutit à une parole économique et politique dans le monde. Elle est résolument optimiste, orientée vers son propre bonheur telle une luciole attirée par la lumière, telle l’eau entraînée vers la mer.

Qu’est-ce à dire? Simplement que tout ce qui parait et se manifeste comme velléités de frein à son développement ne fait que confirmer son potentiel et par la suite son réveil. C’est ce qui justifie d’ailleurs qu’il faille comprendre pourquoi les choses sont stagnantes du point de vue élites et comment elles devraient s’arranger.

La nécessaire morale

Il est de bon ton de d’abord baliser la sphère élitiste que nous souhaitons analyser et de bien circonscrire les réalités que nous prétendons approcher. Au Cameroun que je maîtrise mieux et in extenso, en Afrique.

A la base, on pourrait facilement se ranger dans le lot – et à juste titre – de tous ceux qui ont une approche morale du problème. Il faut certainement évoquer que moralement les élites Africaines sont pitoyables. Pathétiques. Irrécupérables. Bien des actions et des bilans observés ça et là, ne sont que le résultat d’une piètre éthique et conscience pure. Et le dénoncer n’est pas de trop. Il est même de peu. Dans un système où la liberté d’expression n’est pas entièrement bloquée, mais où l’autorisation – entendez, auto-risation, se permettre à soi-même – de pensée est faible, il est vital que ce qui est bien soit reconnu comme tel et ce qui est mal, en l’occurrence, comme mal.

Haro sur les APE, sur la mauvaise gestion partielle de la crise dite Anglophone, sur les accidents d’Eseka, la banalisation et le mépris de l’enseignant Camerounais, la gestion des cas de santé, Koumateke et les docteurs syndiqués, les listes truquées de l’ENAM, les sempiternelles amateurismes de la gestion sportive, etc.

Le poids de l’envahisseur

Cependant, il faut bien se rendre compte que les systèmes étatiques mondiaux d’aujourd’hui, sont les instruments dociles d’une domination mondiale, multi-sectorielle et multipolaire. La liberté telle que conçue et enseignée dans les écoles – elles-mêmes, boites à idéologies – n’est qu’un leurre qui n’affrontera jamais l’esclavage émotionnel dans lequel les peuples sont plongés (blockbusters, Facebook, pokemon, musique, sports, etc.).

En Afrique, cela se concrétise par la traite négrière, le colonialisme et le néo-colonialisme et dans une moindre mesure, les appâts incessants de l’ultra-libéralisme (challenges bidons, générations selfies, arnaques des mots, entrepreneurs vendeurs d’illusion, développement personnel à outrance, millenialisation de tous, etc.), les formes voilées de propagande de l’eugénisme (projet de réduction de naissances). Nier qu’il existe une main, très visible pour le coup, flagrante, ostentatoire, méprisante (empires économiques, représentations diplomatiques, cabinet secrets, missions humanitaires, missions de sécurité, etc.) pèse sur les responsables Africains, serait injuste ou relèverait de l’ignorance. Ceux-là même qui se cachent derrière la vision malthusienne du développement pour empêcher à l’Afrique de se développer sereinement, en expliquant que trop de naissances freine le développement. Alors qu’en fait, il y a suffisamment de ressources en Afrique pour nourrir ses enfants, mais qu’elle n’y a pas accès du fait des pactes coloniaux, des conventions inégalitaires entre pays d’Afrique et autres consortiums Occidentaux étatiques ou organisations, des pressions des institutions financières internationales et du contrôle du FCFA à plus de 45% par le Trésor Français.

Je ne déresponsabilise pas ces élites.

J’explique qu’elles sont encadrées par des puissances externes, menaçantes; quitte à ce qu’elles, ces élites, soient d’accord ou pas, avec cette forme moderne d’inféodation. Cet encadrement remontent aussi loin que dans la constitution de leurs différents parcours académiques où les collèges, lycées et universités ne sont que le reflet d’une vision du monde imposant le white supremacy comme le seul sens de l’histoire. Il n’est pas étonnant dès lors d’avoir en face des personnages, fabriqués dans des moules intellectuels hellènes de haut niveau, marionnettes d’un pouvoir distant, tant dans les stratégies de gouvernances que les pratiques de gouvernance.

On ne peut tenter de comprendre les comportements de ces élites si on n’a pas pour repère d’analyse cette réalité de pesanteur idéologique, au départ subséquente (héritage néo-colonial) et par la suite, réminiscente (reproduction continue et chroniques de la pensée impérialiste via les laboratoires de pensée universitaire, politique et ésotérique). Produisant dans le meilleur des cas, une indifférence du sort de l’Afrique et au pire, une détestation de son identité, un mépris viscéral de ses origines, qui ne considère la valorisation du Noir que par la légitimation du Blanc.

Comme cela se voit dans une certaine diaspora Africaine. Ou même quand les uns et les autres se battent pour être le Macron Camerounais. Pire quand le Président Ivoirien et ses soutiens soutiennent mordicus le maintien du FCFA. Pitoyable!

Les opportunismes de la vie

C’est justement cette perte d’identité profonde, qui conduit, dans un environnement ultra-concurrentiel, de vie chère, où finalement l’accès aux ressources les plus basiques sont difficiles, que l’animalité trouve son terreau. Animalité car il s’agit bien de se trouver une place dans la jungle de l’on va faire-comment, et ce, par tous les moyens; surtout celui de la position hiérarchique et de l’influence. Ce darwinisme social, entretenu par des proches et amitiés paresseuses et sottes, ne laisse pas de place à une epsilonienne forme de recherche de l’intérêt général. En d’autres termes, la nomination  à un poste de responsabilité devient ipso facto, une occasion de s’en faire plein les poches au détriment des autres. Les circonstances sont telles que ce qui relevait d’une quasi-crainte de ne pas laisser un bilan négatif, s’est transformé en pêche miraculeuse, où il faut se dépêcher de vite ramasser avant que la marée ne reparte. Ramasser de l’argent bien-sûr. Comment ne pas comprendre alors que des fonctionnaires aient des revenus largement supérieurs à des hommes d’affaires ? Qu’ils aient des salaires multipliés à hauteur de dizaines de millions alors que la loi ne prévoit pas à peine le million dans les plus haut cas? Comment comprendre que les nominations soient des moments de joie et de danse, filmés et diffusés à la TV, sinon que l’opportunité de se servir qui serait bienvenu?

Une fois de plus, comprendre n’est pas justifier. Mais il est de bon ton de bien assimiler que nous avons des élites prises entre le marteau et l’enclume, entre le système et leur avidité hautement condamnables.

Pour autant, demeurer dans un constat et ne pas entrevoir des pistes de sortie pour cette Afrique meilleure via les attitudes de ses élites, comme évoquées plus haut, serait à son tour criminel et ne servirait personne. Ce sera l’objet de la partie 2 de cette analyse.

Le bloggueur le dit encore mieux,

La grandeur d’une nation se définit par la capacité de son élite à proposer un idéal en phase avec les réalités de son territoire, elle doit être celle qui insuffle le mouvement et donne le cap. Elle doit pourvoir, de par ses attributs, générer un projet de société qui englobe toute la nation. Elle ne peut continuer à bâtir une nation qui ne sert uniquement que ses intérêts et son entre soi.

http://ayidjrinkaaba.mondoblog.org/en-attendant-l-elite/

 


Je conseille aussi de lire les avis des uns et des autres sur les réseaux sociaux car le débat y est fort intéressant.

Qui a écrit cet article?

Sergeobee

Project Professional Manager, Chief Creative Officer, Marketing Manager, WebDevelopper, WebDesigner, Online and Digital Manager, producteur et animateur radio/TV et fondateur d'obosso. Founder et CEO d'artecaa, qui gère la plateforme de travaux ponctuels rémunérés eboloo.com.
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