Le discret, mais onéreux marché de l’eau

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Jusqu’en 2007, le marché de l’eau au Cameroun était le monopole de la défunte SNEC. Pour des raisons évidentes (problèmes de distribution, potentiels risques sanitaires et surtout manque de moyens financiers pour développement, le gouvernement Camerounais a dû engager des réformes dès 2002 pour envisager le maintien de cette activité phare; mission régalienne diront certains.

Petit rappel historique

– 2005-2006: Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater), société de patrimoine à capitaux publics, est créée (précisément le 31 décembre 2005)
– 2008: rétrocession d’activités de la SNEC vers le duo Camwater, chargée des investissements sur les infrastructures de production et le groupe marocain Camerounaise des Eaux (Onep-Delta Holding-Indema), interface client et responsable de la distribution. Ces deux-là étant encadrés par l’Etat, à travers le Ministère de l’Energie et de l’eau qui définit la politique globale dans le secteur, met en place un cadre législatif et réglementaire.

Eau minérale versée dans un verre

Les grands acteurs du marché

Cependant, ce qui nous intéresse ici n’est pas la gestion des 340 milliards de francs CFA qui ont été alloués sur une période de 10 ans à compter du 2 mai 2008, mais le marché parallèle de l’eau qui s’est développé au fil du temps et dont les principaux acteurs sont
les historiques:
– SEMC (Société des eaux minérales du Cameroun, filiale des Brasseries du Cameroun et propriétaire de Tangui)
– Source du pays SA (vendeur de Supermont et Aquavita)
et les nouveaux:
– Semme minéral water (SEMME)
– Pura (Pura)
– Union camerounaise des brasseries (avec Madiba)
– SANO (SANO)

A cela on peut ajouter les dizaines de sociétés fictives ou pas, proposant de l’eau « emballée » et dont les risques sanitaires sont agrandis.

Pourquoi ce marché est-il florissant?

La démographie sans cesse galopante, notamment dans les villes piliers du Cameroun (Douala et Yaoundé) exige un accroissement de la demande de ressources, qu’elles soient en logement, en équipement, en agro-alimentaire, par exemple et donc forcément en eau… potable. Même si tout le monde ne va pas acheter l’eau minérale ou de source, selon les expressions légiférées et contrôlées par les experts, une bonne partie des populations se met de plus en plus à en consommer. En témoigne, le chiffre d’affaire de 4,744 milliards au 30 juin 2012 de la SEMC. C’est dire que marché, il y a; principalement Camerounais et après, sous-régional.

Spécialité Camerounaise, les problèmes de réseau de distribution se font remarquer. Les zones de couverture de la défunte SNEC sont très réduites. C’est ce qui explique notamment la recrudescence grandissante de création de forages et la croissance du marché des filtres à eau. Au delà du calvaire administratif qu’il y a à obtenir un compteur d’eau, les multiples tracasseries liées à l’entretien des compteurs et des tuyaux de canalisation, sans cesse cassés, accentuent le découragement à s’abonner à la CDE/Camwater et à opter pour les eaux minérales.

A la suite de ces réalités bien Camerounaises, les scandales hygiéniques, à tort ou à raison, que ce soit, ceux attribués à la marque Tangui ou à la défunte SNEC (la fameuse « eau rouge », due au fer contenu des tuyaux de canalisation), ont poussé les consommateurs à s’orienter vers les autres eaux minérales embouteillées. La menace – et les dégâts – de la typhoïde et du choléra, maladies à fort taux de fatalité, planant sur les Camerounais, ne laisse guère le choix en ce qui concerne l’achat de ces eaux minérales.

Enfin, on ne peut saluer, du point de vue consommateur, que le coût relativement faible de l’achat des eaux minérales. Le Camerounais moyen peut se l’offrir sans risquer d’entailler son budget mensuel. Fini le temps où boire du Tangui était un luxe.

Les conséquences d’une telle situation

Eaux diversifiées (gazeuses, sportives, diététiques, etc.) formats différents, produits pour entreprises, prix bas, etc. tout cela contribue à renforcer non seulement l’économie, mais la santé publique. Surtout que le marché s’agrandit de plus en plus.

Bien entendu, cela ne va pas sans contrepartie foireuse. Les sachets d’eau sont pléthore et on n’a pas toujours la certitude de ce qu’on boit, ni dans les origines, ni dans le conditionnement. C’est d’ailleurs, un cheval de bataille que doivent se saisir le différentes associations de droit de consommateurs pour s’assurer que les choses se passent bien et selon les normes.

Qui a écrit cet article?

Sergeobee

Project Professional Manager, Chief Creative Officer, Marketing Manager, WebDevelopper, WebDesigner, Online and Digital Manager, producteur et animateur radio/TV et fondateur d'obosso. Founder et CEO d'artecaa, qui gère la plateforme de travaux ponctuels rémunérés eboloo.com.
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