Coup de gueule dans les couloirs de Sciences Po

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Vignette de la bande dessinée Tintin au Congo, Hergé, Tintin au Congo, 1930, Le Petit Vingtième, Casterman, Egmont. (c): Images https://www.youtube.com/watch?v=IGcztfMfves

En 2016, on entend encore des sottises improbables sur les effets positifs du colonialisme. On entend encore les promoteurs du colonialisme qu’ils soient sur le continent ou à l’extérieur. « Le colonialisme a eu des effets positifs » peut-on entendre dans les classes de Sciences Po Paris.

Étudions de près le phénomène: 5 000 000 de morts en République Démocratique du Congo sous le règne de Léopold II, des femmes enceintes envoyées aux travaux forcés au Cameroun, des jeunes enfants enrôlés en bas âge auxquels a été inculquée la détestation de leurs traditions locales, des frontières sans queue ni tête qui créent encore aujourd’hui des déséquilibres économiques et une dépendance trop forte à une ressource prédominante. Faut-il rappeler que les frontières du Nigéria correspondent au pétrole ? Que le Niger correspond à l’Uranium? Que la Centrafrique correspond aux diamants?

Il est insensé de vouloir parler d’effets positifs quand il s’agit d’une entreprise qui a laissé derrière elle des millions de morts, des générations marquées à vie, une exploitation socio-économique vivace sans parler des viols courants pratiqués à grande échelle sur les femmes autochtones.

Le sujet semblait pourtant clos! Il semblait pourtant que tous avaient déjà compris qu’il n’y a pas de débat possible sur la question coloniale. Car s’il y en avait un, alors il faudrait aussi débattre des effets positifs de l’esclavage ou de l’holocauste. Les chiffres statistiques sont  strictement les mêmes.

La patrimonialisation de l’Etat et les bureaucraties appartiennent à l’héritage du colonialisme. L’Afrique n’est pas une victime, nous sommes d’accord. Mais personne ne peut, au grand jamais, légitimer une initiative qui a mené au massacre de peuples entiers, à leur domination savamment calculée et au déni total de leurs droits humains. Personne n’a le droit de légitimer ce qui relève du meurtre et de l’exploitation.

Que les promoteurs des soi-disant infrastructures laissées par les pères du colonialisme, cherchent à savoir ce qu’était l’Afrique pré-coloniale. Elle ne manquait de rien et il suffit de jeter un coup d’oeil aux ouvrages de Cheikh Anta Diop pour le découvrir. L’ignorance et l’obscurantisme sur l’Afrique ne devraient pas avoir le droit de se promener sur la place publique.

Ce n’est pas une opinion, c’est juste une mise au point.

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Emma-Cécilia Wilson