Arrêtons de pisser en route!

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Crédit photo: RJC Patriote
Crédit photo: RJC Patriote

J’ai déjà pissé en route.

Je le reconnais. Et je m’en repens.

Tous responsables!

Comme pour la plupart des Camerounais (d’autres pays aussi?), il nous a toujours paru naturel et « normal » de le faire. Surtout parce qu’on a grandi dans cet état de choses, on a agi par mutisme en imitant les ainés, par suivisme social. Et ce n’est pas l’interdiction d’un panneau de communication qui aurait découragé le premier venu, surtout s’il est près d’un débit de boisson ou autour d’une veillée. Bien au contraire, ce panneau devient un incitateur à la rebellion. Notamment parce qu’au Cameroun, l’une des règles d’or est de sacraliser la bêtise, de détourner les objectifs d’une activité en quelque chose de répugnant.

Je suis d’avis de taper sur moi et sur chaque homme. Mais quand les femes s’y mettent… Sérieusement. J’aurais voulu incliner mes propos vers cette façon de voir les choses, qui est que la femme est un être spécial et qu’elle doit encore bénéficier de traitement spécial, par pudeur et par respect. Par souci de parité et pour faire plaisir aux ultra-féministes, je vais donc considérer qu’une femme qui le fait en route, n’est pas plus à déplorer qu’un homme. Cela ne souffrira donc pas de contestation, n’est-ce pas?. Fillette, adulte ou femme âgée, même si elle expose ses parties intimes, parfois en station debout, courbée, on comprendra qu’elle puisse se justifier en se comparant aux hommes qui feraient pareil. Passons donc… :)

Et alors, ça fait quoi?

Malheur à moi, prophète de malheur, moralisateur de la société, pseudo-intellectuel, pseudo-journaliste, aigri, diviseur, anti-patriote, bavard inutile, passionné, etc. Je vous laisse le soin de continuer la liste des qualificatifs insultants adressés à ceux qui osent penser leurs sociétés, y compris en dénonçant ou en remettant en question des systèmes, par les garants du statu-quo, les inaptes intellectuels, les darwinistes sociaux, les jouisseurs de la vie, par opposition aux créateurs de la vie; du coup, je les qualifie moi aussi.

Coupable moi-même de ce que je décris, j’ai compris qu’uriner en route, pour parler moins trivialement cette fois-ci, avait des conséquences, pour le coup assez fâcheuses, à telle enseigne que chacun(e) après s’être regardé(e) dans un miroir, saura prendre la bonne décision.

Ce n’est pas du tout hygiénique

Bah oui. Après avoir tenu son… (voilà), je me demande où on peut se laver les mains, vu qu’on est en route. A moins de marcher avec une bouteille d’eau à chaque fois; ce qui n’est ni confortable, ni pratique. Ou peut-être un flacon désinfectant… Et après, il faudra forcément faire des poignées de main. Aie! C’est de quel côté, la vente des gants?

Cela salit les murs et l’environnement

Quand j’observe la couleur jaunâtre de certains murs extérieurs d’immeubles ou de maisons, je ne peux m’empêcher d’imaginer la quantité de litres d’urine qui l’ont créée.

Non, cela n’arrose pas la nature

D’abord, les murs et la rue, ce n’est pas la nature. Vous voulez vraiment le faire? Y a des endroits herbacés, retirés et les forêts pour ça. Les paysages urbains n’ont pas besoin d’arrosage spécifique.

C’est indécent

Non mais, très sérieusement. Vous êtes bien monté? Gardez-ça pour votre partenaire. Et pour celles qui osent le faire en route, épargnez-nous la saleté. Dans des lieux restreints, avec deux ou trois collaborateurs, vous demandez la permission pour vous mettre à l’aise. Devant la ville entière, vous vous permettez de vous afficher. Enfin, on a tous notre définition de la bienséance. Il vaudrait peut-être mieux uriner devant les collègues ou des personnes familières et s’exposer, plutôt que devant la ville.

Cela décourage les touristes

Bien entendu, il y a de pays Africains où cela est interdit. Parce que si nous comptons attirer de plus en plus de personnes dans nos pays, faudrait peut-être qu’on pense à éviter ces comportements retrogrades.

Avez-vous d’autres raisons? Je suis preneur. On aurait pu évoquer des maladies potentielles (si, si). C’est vraiment possible qu’il y ait des urgences. Les toilettes publiques existent pour ça. Au besoin, entrez dans des maisons et suppliez qu’on vous aide. On pourrait aussi prémunir ça, en mangeant et buvant le moins possible en route. Mais comme la boisson est un dieu au Cameroun… Bref, ne pissons plus en route.

Qui a écrit cet article?

Sergeobee

Project Professional Manager, Chief Creative Officer, Marketing Manager, WebDevelopper, WebDesigner, Online and Digital Manager, producteur et animateur radio/TV et fondateur d'obosso. Founder et CEO d'artecaa, qui gère la plateforme de travaux ponctuels rémunérés eboloo.com.
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  • willfonkam

    Personnellement, j’évite autant que faire se peut de pisser en route, mais je dois avouer qu’il y a des situations où on n’a pas le choix, soit on pisse en route, soit on se pisse dessus. Et la raison est simple, les toilette publiques, il n’y en a pas assez. Et puis, elles sont payantes, et tout le monde n’aura pas forcément 100 francs pour payer. A mon avis, on devrait multiplier les toilettes publiques gratuites (et les poubelles aussi, qui sont plus qu’insuffisantes dans la plupart de nos villes) et frapper d’amendes ceux qui osent pisser sur la route.