Affaire tribalisme au Cameroun; y a du boulot!

This post is part of the series Sur le monument Um Nyobe saccagé à Douala

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  3. Achille Mbembe et le vandalisme historique supposé des chefs duala

Au lieu que cet incident malheureux et condamnable de certains chefs duala qui ont refusé, en saccageant le tout frais mémorial Um Nyobe à Njo-Njo, nous emmène à plus de conscientisation (certains l’ont fait tout de même), on assiste à des surenchères d’élans tribalistes, avec falsification de l’histoire et fortification des clichés. Wow. Rien que ça. Que ne faut-il pas lire dans les réseaux  sociaux et discussions de part et d’autres, entre insultes, mépris, ignorance culturelle et historique, stupidité et haine. La vérité, c’est que malgré les efforts d’une certaine jeunesse ouverte et progressiste, les réminiscences idéologiques négatives, nourries au lait de la vengeance, gratuitement méchantes, diaboliques, résistent et constituent encore un prisme psychologique et social par lequel nous entrevoyons notre nation. Terme « nation » utilisé avec  prudence, car son propre est d’unir une communauté de destins et de ressasser une histoire commune pour une vision collective. Ce qui semble ne pas être le cas ici.

Dans mon approche sur la question de la crise anglophone, j’ai toujours fait la part entre les revendications d’une part et l’intérêt de la nation et des peuples, d’autre. J’ai toujours soutenu que les pleurs soient entendus et calmés, mais jamais au détriment du destin collectif et de l’unité nationale. Et voici que ce qui s’est passé à Njo-Njo me démontre qu’on aura du mal à nous constituer en peuple uni. Mais cela devrait-il nous étonner ? Quand les postes dans le privé comme le public, les sélections sportives, les attributions de marché, les approbations de mariage, les ventes de terrain ou location d’appartements, etc. se font encore dans certains cas sur des critères tribalistes.

Garder sa culture, oui.
Renier celles des autres, non.
S’amuser des clichés, oui.
S’en servir pour des fins xénophobiques, ethnocentristes, non.

Car c’est le futur de tout un peuple que nous hypothéquons en assimilant l’epsilonien au tout, le circonstanciel à l’éternel, le statu quo au dynamisme. Dans ce cas, pourquoi reprocher à certains Occidentaux leurs politiques xénophobes affirmées? Que tancer à certains Noirs Sud-Africains qui laminaient les autres immigrants Africains? Mais, qu’est-ce que c’est idiot de voir le doigt (la faute condamnable) au lieu d’entrevoir la lune (l’unité nationale) ?

  • Non, tous les bamilekes et autres originaires de l’Ouest ne sont pas sales et endogènes,
  • Non, tous les bassa ne sont pas violents et impulsifs,
  • Non, tous les ressortissants du Centre ne sont pas protégés par le pouvoir, ni des amateurs d’alcool et de sexe,
  • Non, nos frères du Grand Nord, ne sont pas des sauvages à égorger à tout va, tout le monde, couteau dans le slip, ni des misogynes certifiés,
  • Non, les bamenda ou les pygmées ne sont pas des personnes stupides, destinées au petit travail,
  • Non, tous les duala ne sont pas vantards et feignants,
    (Vous continuerez la liste vous mêmes).

Je le dis, à notre honte. Tous.
Bref, un sentiment de dégoût m’anime profondément et je crains que ces quelques lignes ne le résorbent.

Qui a écrit cet article?

Sergeobee

Project Professional Manager, Chief Creative Officer, Marketing Manager, WebDevelopper, WebDesigner, Online and Digital Manager, producteur et animateur radio/TV et fondateur d'obosso. Founder et CEO d'artecaa, qui gère la plateforme de travaux ponctuels rémunérés eboloo.com.
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