Affaire Monique: et maintenant, c’est la faute des réseaux sociaux

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Bien-sûr…
Bien-sûr.

Quand il faut critiquer Facebook, Paris pour leur « jeSuisParis » et autre, on est fort (et je l’ai fait). Certains nous disent qu’on ne le fait que lorsque les Blancs ont déjà fait pour eux et qu’on imiterait juste. Fallait les voir arborer des drapeaux Français lors des malheureux évènements de Paris en Novembre 2015. Faut les voir se muer en challenges divers et se prétendre « Charlie », étant plus Français que les Français. Faut observer les analyses journalistiques et marketistes des phénomènes RS et envier les Blancs au point de mépriser leurs frères…

Maintenant qu’il s’est passé cette barbarie à Laquintinie, il fallait se taire, il fallait attendre que les infos « officielles » sortent… Comme si nous ne savions pas que le Cameroun et l’opacité de l’information (financière, statistique, anthropologique, sociale, etc.) ne faisaient pas un. Si les gens n’avaient pas rapporté ce que vous considérez comme « fausse information » ou « n’importe quoi », vous ne sauriez même pas que les évènements pareils avaient eu lieu. (Savez-vous qu’un homme s’est égorgé ce matin à Mahima Douala?). Je et des tas d’autres personnes, assumons de partager, de créer des alertes, de partager des infos, qui nous semblent pertinentes. En l’occurrence, une mère et ses deux enfants ont été dépecés au vu de tous dans l’enceinte d’un établissment historique et pionnier à Douala et donc du Cameron (j’y suis né). Et cela est insupportable, quelle que soit la version retenue. C’est le bruit-là qui vous a réveillé, c’est le « n’importe quoi des RS » qui vous ont mis la puce à l’oreille. Parce qu’au Cameroun si tu ne fais pas de sit-in comme les finalistes basketteuses aux jeux Africains, si tu ne refuses pas de porter le drapeau avant d’aller en coupe du monde, si ne passes pas dans les médias pour parler de ton enfant enlevé, si tu ne fais pas grève, qui pour sa retraite, qui pour ses droits universitaires, qui pour la titularisation après des années en tant que vacataire, si tu ne gueules pas fort pour ton épargne que les coopératives et assurances avalent sans préavis, tu n’auras rien. Et ce n’est pas les autorités qui vont se gêner pour te répondre sur des questions que tu te poses.

La prochaine fois que les pluies de la mi-année vont recouvrir Mabanda, Missokè et des tas d’autres localités, avalant enfants, tuant femmes, inondant maisons, ne publions pas et surtout attendons que les autorités compétentes nous fassent des discours sur les nappes phréatiques. Si d’aventure, on tue des jeunes comme les 9 de Bépanda, restons tranquilles. Par contre, discourir sur Revenge Porn et créer des camps pro-Etoo, pro-Koah, là les RS sont bien.

Au demeurant, je m’étonne que les mêmes qui critiquent le gouvernement tous les jours, pour peu qu’on fait une déclaration – venant d’un seul camp – les gens se sentent tout d’un coup coupables, comme si c’était un crime. Qui croire? La famille? Le ministre de la santé? Le ministre de la communication? Non, ce n’est pas un crime de remettre en cause une version. Mais c’est dommage de choisir un seul camp et pas un autre. Où est passé l’argent de la CDM90 ? Ah oui, entre New-York et Paris. Où est l’argent des épargnants de la CONAC ? Il ne s’agit ni d’être pro-gouvernement ou anti. Il s’agit d’être POUR la vérité. Et de la réclamer contre vents et marées. C’est un destin national. Ce qui est arrivé à cette famille peut arriver à chacun d’entre nous. Et autant que possible, nous utiliserons les RS pas contre le gouvernement, les autorités, etc. mais contre toute personne morale ou physique qui porte atteinte au vert-rouge-jaune, notre patrie. Et de même, quand une personne l’honorera, nous ferons pareil sur ces mêmes réseaux sociaux. Tout en saluant les communiqués des ministres et du gouverneur, il n’ y a pas à rougir quand des Camerounais s’émeuvent de ce qui se passe. Et ils ont le droit d’exprimer leur ras-le-bol face à l’impunité et le laisser-aller institutionnalisé.

Alors, excusez-moi d’avoir une conscience, un sens patriotique et une rage de voir les choses changer dans mon pays, le pays de « on va faire comment », de ceux qui restent dans leurs zones de confort, en espérant que tout ira mieux demain. Au pire, en grommelant un peu, en pleurant même, mais en ne rien faisant. Je ne vous en voudrai pas si demain vous et vos enfants, bénéficiez de notre travail.

Je suis Monique.

Qui a écrit cet article?

Sergeobee

Project Professional Manager, Chief Creative Officer, Marketing Manager, WebDevelopper, WebDesigner, Online and Digital Manager, producteur et animateur radio/TV et fondateur d'obosso. Founder et CEO d'artecaa, qui gère la plateforme de travaux ponctuels rémunérés eboloo.com.
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